Le 20 octobre 2026, l’Autorité des services financiers d’Astana (AFSA) a révélé des injonctions frappant plusieurs plateformes de trading de cryptomonnaies, parmi lesquelles Coinbase, Huobi Global, et BingX. Cette annonce s’inscrit dans un cadre juridique plus large, visant à réguler les activités de services d'actifs numériques au sein du Centre financier international d'Astana (AIFC).
Cette décision fait suite à un jugement rendu le 15 septembre 2026 et modifié le 18 septembre, qui restreint les services d’actifs numériques non autorisés ainsi que la distribution d’applications mobiles. Un développement qui pourrait avoir des répercussions significatives sur le marché des cryptomonnaies au Kazakhstan.
L'injonction et ses implications dans l'AIFC
La portée de l'injonction émise ne s'étend pas à l'ensemble du Kazakhstan, mais se limite à l’AIFC. Ce choix témoigne d'une volonté de l'AFSA de cibler plus précisément les activités non régulées au sein de cette zone spécifique. Le jugement initial stipule que les opérateurs ne peuvent pas fournir ou promouvoir des services d’actifs numériques dans l’AIFC sans la licence adéquate, rendant ainsi ces opérations illégales.
De plus, toute distribution d’applications mobiles par ces opérateurs devient également restreinte, rendant nécessaire une conformité totale vis-à-vis des nouvelles réglementations. Cela signifie que des applications liées à ces plateformes ne pourront plus être distribuées par Apple ou Google tant que les autorisations nécessaires ne seront pas acquises. En conséquence, les utilisateurs basés dans l’AIFC se voient restreints dans leur accès à ces services non autorisés.
Impact sur les géants de la tech : Apple et Google
Un des aspects clés de cette injonction est l'obligation faite à Apple et Google d'assurer le respect des restrictions énoncées. Après notification des injonctions, ces géants de la technologie sont tenus de se conformer à la décision comme s'ils avaient été parties prenantes au jugement. L'AFSA a notifié qu'elle procéderait à l’envoi des ordres aux opérateurs des stores d’applications, mais aucune date de mise en œuvre précise n’a été annoncée.
Le jugement précise que si ces entreprises permettent délibérément la distribution de services illégaux, elles pourraient faire face à des accusations de mépris. Les possibilités de dialogue et d'échange de solutions doivent être mises en avant avant d'envisager des sanctions plus sévères. Les opérateurs de stores d’applications ont également la possibilité de demander l’annulation ou la modification du jugement, à condition de respecter certaines règles de procédure.
Conséquences pour les plateformes et les utilisateurs
Les plateformes sous injonction telles que Coinbase, Huobi et BitMart voient leur activité entravée dans l’AIFC. Ces restrictions n'entraînent pas uniquement des coûts pour les opérateurs, mais affectent également les utilisateurs qui accèdent à des services non régulés. Avec des contraintes imposées sur leurs opérations, les clients doivent être conscients qu'ils n'ont pas accès aux protections classiques accordées par des plateformes sous licence.
L'AFSA a signalé que des avertissements avaient été envoyés à plus de 20 plateformes en 2025 pour les avertir de la nécessité de se conformer à la législation. En début de 2026, une action en justice a été intentée contre celles qui ne se conformaient pas, mais certaines ont rapidement restreint l'accès à leurs services pour éviter des conséquences juridiques. Neuf plateformes ont ainsi volontairement adopté des mesures pour limiter l'accès à leurs applications, permettant à l’AFSA de retirer ses accusations contre elles.
Une nouvelle ère de régulation pour les actifs numériques au Kazakhstan
Les modifications législatives intervenues en mai 2026, notamment la suppression de l'Article 11, ont aménagé un cadre réglementaire plus à même de gérer les activités d'actifs numériques, en confiant au Banque Nationale du Kazakhstan un rôle de régulation élargi. La lutte contre les activités numériques non autorisées est devenue un enjeu crucial, tant pour la protection des consommateurs que pour la crédibilité du marché de la cryptomonnaie.
Des déclarations d’intention de sept autres plateformes à obtenir une licence de l’AFSA ont été rapportées, bien que ces promesses ne constituent pas une garantie que des licences leur seront effectivement délivrées. Pour l'heure, le tableau est clair : les acteurs soumettant leur activité à la régulation devront se conformer à des exigences strictes, tandis que ceux ne faisant pas le pas risquent de voir leur opération mise à l'arrêt.
Quelle direction pour le marché crypto ?
Alors que le Kazakhstan cherche à établir un environnement réglementaire solide pour les cryptomonnaies, les utilisateurs doivent s'interroger sur la sécurité de leurs investissements. L'AFSA rappelle que les clients utilisant des services non autorisés ne bénéficient d'aucune protection en matière de sauvegarde des actifs ou de résolution de conflits. Compte tenu de l'ampleur de cette décision, il est probable que d'autres régulateurs s'inspirent de cette approche stricte, répétant des actions similaires dans d'autres juridictions.
FAQ
Qu'est-ce que l'injonction de l'AFSA ?
C'est une restriction imposée par l'Autorité des services financiers d'Astana pour empêcher certaines plateformes de fournir des services d'actifs numériques non autorisés dans l'AIFC.
Quels opérateurs sont affectés par cette injonction ?
Les opérateurs concernés incluent Coinbase, Huobi Global, BingX, BitMart et plusieurs autres qui n'ont pas de licence valide.
Quelles conséquences pour les utilisateurs de ces plateformes ?
Les utilisateurs ne bénéficiant pas de services régulés risquent de perdre l'accès à leur assets et ne disposent d'aucune protection légale contre d'éventuelles pertes.