Iran réaffirme son contrôle sur le détroit d'Ormuz après des déclarations de Trump
Le 18 avril 2026, l'Iran a rétabli son contrôle sur le détroit d'Ormuz, une action qui va à l'encontre des affirmations du président Donald Trump affirmant que cet axe maritime crucial resterait ouvert indéfiniment. Ce revirement rapide vient perturber non seulement le marché énergétique mondial mais aussi les tendances du marché des cryptomonnaies.
Stratégie militaire iranienne et tensions avec les États-Unis
Le détroit d'Ormuz est une voie navigable étroite qui sépare l'Iran d'Oman. Par là passent environ 20 % des hydrocarbures mondiaux. Les tensions entre les États-Unis et l'Iran avaient considérablement augmenté au début de 2026, ce qui avait entraîné des restrictions sévères sur la circulation des navires.
Le 17 avril, le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, avait annoncé que le détroit était « complètement ouvert » aux navires commerciaux, en raison d'un cessez-le-feu lié à la trêve avec le Liban. Cette nouvelle a été accueillie avec enthousiasme par Trump, qui a posté sur les réseaux sociaux que le détroit était « entièrement ouvert et prêt pour les affaires », affirmant qu'Iran s'était engagé à ne jamais fermer le passage.
Moins de 24 heures plus tard, les médias d'État iraniens, dont l'IRIB et l'agence Fars, ont rapporté que l'armée iranienne avait restitué le détroit à « son état précédent ». Les navires doivent maintenant obtenir une approbation des autorités iraniennes pour pouvoir passer. Des rapports de navigation régionaux ont confirmé que plusieurs navires avaient déjà été détournés.
Accusations de mensonge et répercussions sur le marché pétrolier
Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a été sans ménagement dans ses critiques. Il a accusé Trump d’avoir formulé « sept affirmations, toutes fausses » en l’espace d’un temps très court. De son côté, le vice-ministre des Affaires étrangères, Saeed Khatibzadeh, a déclaré que le récit de Trump ne correspondait pas aux réalités sur le terrain, soulignant que les navires devaient coordonner leur passage avec les forces iraniennes.
L'Iran a attribué la fermeture du détroit à l’insistance des États-Unis à maintenir un blocus naval sur ses ports du Golfe. Les officials iraniens ont réaffirmé qu’ils n’avaient jamais convenu de garder le détroit constamment ouvert, qualifiant cette assertion de fabrication.
Les marchés pétroliers avaient déjà anticipé un retour rapide des tensions. Après l’annonce initiale de réouverture, le 17 avril, le prix du Brent avait chuté d’environ 9 % pour se stabiliser autour de 92 dollars le baril. Le WTI avait également légèrement reculé, se situant entre 82 et 83 dollars le baril. Cette baisse avait engendré une dynamique de rallye sur le marché, dissipant temporairement les craintes d’inflation énergétique.
Impacts sur le marché des cryptomonnaies
La réaction du marché des cryptomonnaies a également été influencée par ces événements. Le 17 avril, le Bitcoin avait franchi la barre des 77 000 dollars, atteignant même un pic de 78 000 dollars, son niveau le plus élevé depuis début février. Des actions connexes à la crypto, comme Coinbase, ont également suivi la tendance haussière générale des actifs à risque.
Cependant, à la suite de la fermeture du détroit, le Bitcoin a subi une légère baisse, diminuant pour se situer entre 75 800 et 77 100 dollars. Le risque d’un piège haussier persiste si les tensions géopolitiques continuent à s’aggraver, bien que l'élan de la veille n'ait pas complètement disparu.
Le Bitcoin a finalement enregistré un rallye impressionnant, inscrivant un sommet intrajournalier à 78 348 dollars, et affichant des gains de 4,1 % sur 24 heures. Ce mouvement témoigne d'une réaction forte des investisseurs face à l'incertitude géopolitique.
Perspectives et implications futures
Alors que le Bitcoin se négocie juste au-dessus de la barre des 76 000 dollars, la fragilité de la trêve liée à l'ouverture temporaire du détroit demeure préoccupante. Plusieurs rapports ont mentionné une éventuelle échéance autour du 22 avril. Le blocus américain des ports iraniens reste en place, et l’Iran a clairement indiqué qu'il utiliserait le contrôle du détroit comme un levier jusqu'à ce que la situation évolue.
Les deux gouvernements ont désormais établi des positions publiques qui ne laissent guère de place pour une résolution discrète. Trump présente la situation comme un progrès vers un éventuel accord nucléaire tandis que l'Iran dépeint la version de Trump comme une fiction. Au milieu de ce bras de fer, le détroit d'Ormuz, par lequel transite près d'un cinquième de l'approvisionnement énergétique mondial, se retrouve au cœur des tensions.

