La récente tentative de faire avancer le CLARITY Act au Sénat a révélé la complexité de la réglementation des cryptomonnaies aux États-Unis. Alors que le projet de loi a échoué à franchir le cap des 60 voix nécessaires, la présidence de la CFTC (Commodity Futures Trading Commission) se tourne désormais vers l'utilisation de ses pouvoirs existants pour établir un cadre réglementaire. À travers cette démarche, la CFTC espère offrir une clarté et une certitude juridique tant attendues par le marché crypto.
Un cadre réglementaire déjà en place
La CFTC dispose déjà d'un cadre réglementaire grâce à la Commodity Exchange Act, qui réglemente les marchés des dérivés. Dans cette configuration, les Designated Contract Markets (DCM) opèrent sous la section 5 de cette loi, permettant à la CFTC de superviser les marchés en question.
Les DCM doivent respecter 23 principes fondamentaux portant sur l'intégrité du marché, les ressources financières et les garanties opérationnelles. Ces exigences offrent à la CFTC plusieurs pistes pour avancer dans sa réglementation sans attendre une nouvelle législation. C'est particulièrement vrai pour les dérivés de cryptomonnaies, un secteur où les pouvoirs de la CFTC peuvent rapidement se matérialiser sous forme d'actions réglementaires.
Cela s'est déjà vu plus tôt cette année, lorsque la CFTC a autorisé un marché régulé aux États-Unis à lister un produit de type Bitcoin perpétuel. Cette mesure illustre comment la CFTC intègre structures et produits associés aux marchés crypto dans son cadre fédéral.
Une réglementation avec des limites précises
Toutefois, l'engagement de Selig ne signifie pas que la CFTC peut répliquer le contenu du CLARITY Act simplement par voie de réglementation. Ce dernier visait à changer la définition même des actifs numériques, et les responsabilités réglementaires à travers le secteur des cryptomonnaies. Parmi les enjeux soulevés, on retrouve la régulation de la finance décentralisée (DeFi) et la supervision des marchés au comptant des commodities numériques.
Alors que la CFTC dispose d'un cadre bien établi pour les dérivés, les marchés au comptant et certaines facettes de la DeFi soulèvent des questions plus ardues. La possibilité d'utiliser les lois sur les commodities existantes est limitée sans un changement législatif débattu par le Congrès.
Clarté réglementaire ou incertitude politique ?
Laissent entendre que le paysage réglementaire dont bénéficiera l'industrie crypto dépendra des clarifications apportées par la CFTC. Les règles formelles émises par cette agence doivent respecter l'autorité déléguée par le Congrès ; elles pourraient donc être modifiées par des administrations futures, selon leurs priorités politiques.
Ce climat d'incertitude pourrait influencer les décisions d'investissement des entreprises de crypto-actifs à long terme. La différence entre une réglementation claire et des instructions qui pourraient changer régulièrement accroît le risque pour les échanges et les infrastructures qui envisagent des investissements importants sur le sol américain.
Les prochaines étapes de la CFTC et le rôle du Congrès
Avec le vote du Sénat laissant la question des autorités de la CFTC non résolue, l'agence doit maintenant se concentrer sur les procédures en cours. Les échanges existants ont la possibilité de soumettre de nouveaux produits ou modifications de règles via les processus établis de la CFTC. Par ailleurs, il est possible pour de nouveaux lieux de négociation de postuler pour le statut de DCM, la commission examinant ces demandes sous un délai de 180 jours imposé par la loi.
Les nouveaux produits dérivés de cryptomonnaies, les candidatures DCM, les réglementations proposées et les périodes de consultation publique détermineront l'ampleur avec laquelle la CFTC entend exercer les pouvoirs évoqués par Selig. Néanmoins, le rôle déterminant du Congrès dans l'élargissement des compétences de la CFTC ne doit pas être sous-estimé.
Pour l'heure, il reste à voir comment la CFTC va utiliser ses pouvoirs existants tout en soulevant des questions sur ce qui pourrait encore nécessiter l'intervention du Congrès.