La SEC propose des règles sur les offres de tokens avec une exemption de 75 millions $
La Securities and Exchange Commission (SEC) des États-Unis a récemment proposé un cadre réglementaire innovant visant les offres de tokens, permettant aux émetteurs de lever jusqu'à 75 millions $ par an sans nécessité d'enregistrement. Cette initiative, mise en avant le 18 août dernier, comprend deux exemptions de dépôt accompagnées d’un havre de paix conditionnel qui retirerait le label « contrat d’investissement » de certains tokens. Cette démarche prévue intervient alors que le Digital Asset Market Clarity Act reste en attente de vote et, du fait de l’avancement du processus de réglementation, elle pourrait marquer un tournant dans l’approche de la SEC vis-à-vis des actifs numériques.
Un cadre en trois étapes : Exemptions et plafonds
Le cadre proposé par la SEC repose sur la création d’une exemption pour les startups et d’une autre pour le financement, toutes deux concernant ce que l’on appelle des « contrats d’investissement couverts », définis comme des contrats dont l'objet principal repose sur un actif crypto qui lui-même n'est pas qualifié de sécurité. Selon la présentation officielle, un actif crypto est défini comme « toute représentation numérique de valeur enregistrée sur un registre distribué cryptographiquement sécurisé ».
L’exemption pour startups permet un montant de 5 millions $ levé sur une période maximale de quatre ans, avec des dossiers publics à l’issue et au début de cette durée. En revanche, l’exemption de financement s’articule autour de deux paliers : jusqu'à 20 millions $ de contrats d'investissement couverts sur une période de 12 mois sous le Tier 1, et jusqu'à 75 millions $ sous le Tier 2.
Pour ces deux niveaux, des états financiers complets sont exigés. Pour le Tier 2, ces documents doivent être audités, tandis que les deux catégories comportent des obligations de reporting continu, largement inspirées des règles de la Regulation A, adaptées aux offres de contrats d'investissement couverts. Les émetteurs peuvent cumuler ces exemptions avec d'autres options existantes, tout en respectant les règles d'intégration en vigueur concernant les offres.
Transparence et exigences d’information pour les émetteurs
Un aspect fondamental de ce cadre est la nature des informations à divulguer par les émetteurs lors des levées de fonds. Contrairement aux anciennes exigences de la SEC, le régime de divulgation proposé s’appuie sur des principes plutôt que sur des éléments de ligne à ligne. Cette flexibilité reconnaît que les règles en vigueur ont été initialement conçues pour des entreprises opérant traditionnelles.
Les informations relatives à l'« écosystème et mécanismes de gouvernance » du projet, à ses « plans de développement pour un réseau crypto ou leur allocation », ainsi qu'à la « sécurité du code source », devront être incluses. Cela se fait en plus des risques, de la condition financière et de la gestion des actifs. Les dépôts seront traités via le système EDGAR de la SEC.
Des préoccupations émergent cependant quant à la manière dont la SEC aborde le rôle des actifs crypto, notamment en ce qui concerne leur capacité à agir comme équité, permettant ainsi aux détenteurs de tokens de participer à la valorisation des projets. La commissaire Hester Peirce a exprimé son souhait de recevoir des retours d’expériences sur ce sujet crucial.
Fin du dépôt : Un nouveau chemin pour le secteur crypto
Le « havre de paix » proposé par la SEC pourrait permettre à certains projets de se désengager de l’étiquette de contrat d’investissement sous certaines conditions. Cet état de fait serait effectif une fois qu'un émetteur aurait achevé tous les efforts de gestion qu'il avait promis sous le contrat d'investissement couvert, mis fin à ces engagements, et fourni une certification publique accompagnée d'une analyse prospère.
Une caractéristique notable de cette proposition est que la décentralisation n'est pas une condition préalable pour bénéficier de ce havre de paix. Ainsi, même un projet centralisé qui respecte ses promesses peut en théorie se désaffilier. Ce choix stratégique de la SEC se veut en concordance avec l’interprétation conjointe du 17 mars, émanant de la SEC et de la Commodity Futures Trading Commission, clarifiant les conditions sous lesquelles un actif crypto pourrait ne plus être considéré comme un contrat d’investissement.
La proposition inclut également une nouvelle définition de « l’acheteur qualifié » au sein de la Securities Act, permettant de contourner les exigences d'enregistrement et de qualification d'États pour les offres faites sous la régulation en question. Par ailleurs, cette préemption serait étendue aux transactions sur les marchés secondaires effectuées par des non-émiteurs, tant que l'émetteur respecte les exigences d’information et de dépôt liées à l’exemption prévue.
Un vote sans précédent et une nouvelle ère pour les actifs numériques
Le vote sur cette proposition s’est tenu individuellement par les trois commissaires sans qu’une réunion publique soit officiellement convoquée, un événement assez rare au sein de la SEC. Le président Paul Atkins, Hester Peirce et le commissaire Mark Uyeda ont unanimement soutenu cette proposition, laissant entendre un consensus sur l’importance de clarifier le cadre réglementaire pour le secteur crypto.
Mark Uyeda, dans son intervention, a évoqué la nécessité d’un cadre réglementaire plus transparent par rapport aux actions passées de la SEC. Selon lui, la Commission avait favorisé des théories juridiques non éprouvées à travers des actions d’imposition au lieu de s’engager dans un processus de réglementation participatif. Il a mis en avant le besoin impératif de promouvoir une interaction saine et transparente avec les participants du marché.
Les réactions à cette proposition sont encore à l’étude, mais elle marque un tournant potentiel dans la manière dont les projets de tokens pourraient interagir avec la réglementation américaine. Dans le climat actuel où le marché crypto est évalué à plus de 2,29 trillions $, cette avancée revêt une importance stratégique pour enrichir le paysage économique numérique.
En somme, la SEC a ouvert la porte à des modèles de financement plus flexibles pour les actifs numériques, tout en confrontant les défis associés à la protection des investisseurs et à l’intégrité du marché.
Questions fréquentes sur la nouvelle réglementation de la SEC
Quelles sont les nouvelles exemptions de lot proposé par la SEC ?
La SEC propose deux nouvelles exemptions : une exemption pour les startups jusqu'à 5 millions $ sur quatre ans et une exemption de financement permettant de lever jusqu'à 75 millions $ en une année.
Ce que cela implique-t-il pour les émetteurs de tokens ?
Les émetteurs peuvent lever des fonds sans enregistrement, mais ils doivent fournir des informations claires sur leur projet et respecter des obligations de reporting continu.
Les tokens deviendront-ils automatiquement des valeurs mobilières ?
Non, la proposition vise à retirer certains tokens de la définition de valeurs mobilières, offrant ainsi plus de flexibilité aux projets crypto.